Série sur le soi et la psychologie
La psychanalyse révèle la poésie, le sacré et Cthulhu dans la vie ordinaire
La psychanalyse nous fait voir la poésie, le sacré et Cthulhu dans la vie ordinaire
La psychanalyse nous fait voir la poésie, le sacré et Cthulhu dans la vie ordinaire.
L’essence de la psychanalyse est de permettre aux gens de se comprendre eux-mêmes et de comprendre l’âme humaine. Ce n’est qu’en comprenant la danse de la libido que l’on comprend l’art de l’esprit humain.
Un enfant qui a quitté son école primaire dans les montagnes, un livreur qui court pour nourrir sa famille, un collégien ou un lycéen qui sèche les cours pour aller au cybercafé, un étudiant désorienté, une femme au foyer en pleine crise de la quarantaine… Autrement dit, notre quotidien à nous, les gens ordinaires, est extrêmement banal et terne du point de vue social et utilitaire.
Mais aux yeux de la psychanalyse, ce sont des feux d’artifice multicolores, des sacrifices extraordinaires, une combativité indomptable, des luttes pour ne pas sombrer ; ce sont autant de peintures à l’huile bouleversantes, des âmes dans leur plénitude innée, des épopées existentialistes d’êtres qui se débattent dans les difficultés du réel.
La psychanalyse nous dit ce que fait la libido. Cet être construit un enfer en lui-même pour se torturer ; il se défend contre une angoisse et un néant mortels ; il cherche l’amour de sa mère et y investit toute son énergie. Tout en recherchant la douleur familière gravée dans son âme, il aspire à un lien intime et sacré. Tout en se façonnant des masques différents, il cherche qui il est vraiment. Il éprouve à la fois un désir incontrôlable de survivre et un désir incontrôlable de destruction. Tout en se mentant à lui-même et aux autres, il crie la vérité dans ses rêves. Devenu fou, il apaise son cerveau devenu fou : peu importe lequel des deux retrouvera son calme en premier. Au bout du compte, le ça possède une plénitude innée, le ça est paisible et fait preuve de compassion envers lui-même.
Chaque âme ordinaire est philosophe et poète ; chacune subit les flammes karmiques du monde humain, les flammes douloureuses de l’enfer, mais la flamme de sa lucidité intérieure ne s’est jamais éteinte. C’est pourquoi ces âmes comprennent la poésie, le théâtre, l’art, la métaphore ; elles comprennent l’amour, la haine, les sentiments, les rancœurs ; elles comprennent l’histoire, la politique, les sciences sociales.
C’est pourquoi une remarque spontanée ou une photo prise au vol par une personne ordinaire, un élève ordinaire, une personne ordinaire d’âge mûr soulève souvent des vagues immenses sur Internet. C’est une poésie dans laquelle résonnent la société et le peuple : entendez-vous le peuple chanter ?
Les gens aspirent à être vus, mais il faut d’abord voir soi-même son propre cœur. S’aimer, être soi-même, ne pas se trahir.
Marx, Zhuangzi et la psychologie permettent de voir, chez des milliards de personnes, dans les classes laborieuses au bas de l’échelle sociale, la simplicité du vrai, du bien et du beau, la plénitude innée. Ils permettent aussi de voir Cthulhu dans la vie. Sous des apparences banales, les gens dévorent leurs semblables, vendent leur âme, se repaissent de leur propre chair et de leur propre sang, engloutissent les enfants, assaillent le vrai, le bien et le beau.
Les problèmes individuels sont, dans leur immense majorité, des problèmes sociaux. Le capitalisme ne veut embaucher qu’une paire de mains, mais elle est toujours reliée à un cerveau.
Dans une société cyberpunk atomisée, chacun est isolé, sans secours, mais chacun porte aussi le destin de l’humanité entière. Tous réunis, nous sommes l’humanité ordinaire de cette planète bleue. Avec Marx, Zhuangzi et la psychologie, défendre son âme et se sauver soi-même.