Psychologie de Marx et de Zhuangzi Philosophie de Marx et de Zhuangzi · Chacun possède déjà en soi toutes les ressources nécessaires

Série sur le soi et la psychologie

D’où viennent les attaques contre soi, le doute de soi et la honte toxique ?

Dans mes précédents textes, « Comment devient-on meilleur ? », « La pratique spirituelle est un pseudo-concept », « La paix du cœur fait naître toutes les voies, son inquiétude tous les démons », « Les entraves karmiques », « Revenir de la sérénité à la souffrance, ou de la souffrance à la sérénité : la vérité sur la pratique spirituelle », entre autres, j’ai déjà exposé le cadre fondamental de la croissance intérieure. Entraves karmiques -> paix du cœur -> sérénité -> présence et aisance d’être -> plénitude innée, unité de l’être humain et du Ciel. (Texte précédent : « J’ai fini d’écrire sur les fondements essentiels de la croissance intérieure et de l’éveil — ce qu’on appelle la pratique spirituelle ».)

Cet article examine et organise les formes dévastatrices d’usure intérieure et d’entraves karmiques mentionnées dans le titre, en cherchant à en expliquer les racines par la psychanalyse (la psychodynamique). (Remarque : je n’ai pas de formation spécialisée en psychologie ; ce texte est donné uniquement à titre de référence.)

I. L’attaque contre soi

(1) L’effondrement

  1. Psychologie du soi de Kohut : fragmentation du soi, rage narcissique ; si la colère ne peut pas s’exprimer vers l’extérieur, elle peut se transformer en autodévalorisation ou en comportements autodestructeurs.
  2. Défense : fuir le sentiment d’impuissance en obtenant un sentiment de contrôle par l’attaque contre soi.

(2) Le surmoi sévère

  1. Freud : surmoi sévère, autorité intériorisée ; pulsion de mort autodestructrice.
  2. Lacan : violence de l’ordre symbolique et regard du grand Autre.

(3) La haine de soi (terme spécifique à Horney)

  1. Anxiété fondamentale, tendances névrotiques, attribution à soi-même de la cause des difficultés -> expériences douloureuses de désintégration du soi et d’infériorité.
  2. Surmoi sévère, tyrannie intériorisée des « il faut ».

(4) L’intériorisation des relations toxiques

  1. Klein : position dépressive ; dans une relation d’« amour-haine », l’agressivité se retourne contre soi.
  2. Winnicott : 1) Explication de la relation : intérioriser un mauvais objet et s’attribuer la cause de la souffrance. 2) Maintien de la relation : préserver le lien avec l’objet par l’attaque contre soi (« Mieux vaut être puni qu’abandonné »).

II. Le doute de soi

(1) Un dérivé de l’attaque contre soi ; surmoi sévère, sentiment d’être défectueux, faible sentiment de sa propre valeur, etc.

(2) Un soi insuffisamment solide

Manque de conviction intérieure et de confiance en soi, estime de soi instable, besoin de validation extérieure, remise en question de soi.

(3) Les contradictions intérieures

  1. Les conflits entre le ça et le surmoi suscitent des contradictions, de la confusion et une remise en question de soi ; Lacan : regard du grand Autre et castration symbolique ; l’individu est contraint de se définir à l’aide de symboles (comme les normes sociales), tandis que son expérience authentique de lui-même (ses besoins) est souvent réprimée. Remise en question de soi : qui suis-je au juste ? Est-ce vraiment ce que je veux ?
  2. Contradiction entre sentiment d’infériorité et suffisance.
  3. Attachement ambivalent.

(4) Les défenses

Une protection de soi tragique : se faire du mal pour éviter un effondrement psychique plus important.

  1. Défense contre l’effondrement

« Répéter l’échec à l’avance » par une remise en question excessive, réduire ses attentes de réussite afin d’éviter un effondrement soudain de l’estime de soi (par exemple : « Si je doute de moi à l’avance, l’échec sera moins douloureux »).

  1. Défense par l’immobilisme et la procrastination

Remplacer l’action par des réflexions répétées (des doutes), pour éviter de se confronter à une réalité incontrôlable.

(5) Les relations toxiques

Préserver son rapport aux attentes parentales et sociales en se niant et en se déformant soi-même.

(6) Pistes de guérison :

Explorer les modèles relationnels précoces qui sous-tendent la remise en question de soi (par exemple : « Quand tu exprimais un besoin dans ton enfance, comment te répondait-on ? ») ;

Extérioriser la voix du doute (par exemple : « D’où vient, à l’origine, cette voix qui te dit : “Tu n’en es pas capable” ? »), distinguer le moi des objets intériorisés ;

Reconstruire, à travers la relation transférentielle, une confiance fondamentale en soi et en autrui.

III. La honte toxique

(1) Un soi gravement endommagé

  1. L’un des principaux symptômes du trouble de stress post-traumatique complexe (TSPT-C).
  2. Traumatismes précoces de l’attachement et défaillance du miroir.

Les besoins fondamentaux de l’enfant se heurtent au rejet ou à des réponses humiliantes de la part des personnes qui l’élèvent. L’enfant intériorise cette négation sous la forme d’une honte : « Mon existence même est une erreur. » Il a honte d’« être qui il est ». (Une forme de traumatisme existentiel : dans ses premières relations, l’individu n’a pas reçu la reconnaissance fondamentale de son statut de « personne ». Une négation de soi de l’ordre d’une profonde crise existentielle.)

  1. Blessure narcissique et désintégration du soi.

La blessure narcissique donne le sentiment que le soi est fragmenté. Elle suscite également deux défenses : a. le soi grandiose (masquer la honte, par exemple par un narcissisme excessif) ; b. la dépression narcissique (s’enfoncer dans la honte de « ne rien valoir »).

  1. Une succession de processus.

Il y a d’abord une expérience de souffrance profonde, puis des conséquences en chaîne et de multiples mécanismes de défense : retrait, attaque contre soi et autodestruction, remise en question de soi et perfectionnisme entraînant la procrastination, faux sentiment de supériorité. Une honte durable peut entraîner une dissociation émotionnelle.

(2) L’expérience de la honte toxique

Winnicott : faute d’un miroir suffisant, l’enfant ne peut pas développer un sentiment authentique de soi et forme un « faux self », c’est-à-dire une stratégie de survie consistant à plaire aux autres en dissimulant ce qu’il est réellement ; au cœur de cette stratégie se trouve la honte de ne pas avoir été accepté.

(3) Le surmoi toxique : un surmoi intériorisé qui humilie en permanence

Toute imperfection mérite l’humiliation ; même une petite erreur suscite une honte intense.

(4) Les relations toxiques

  1. Identification projective et transmission intergénérationnelle de la honte.

Les personnes qui élèvent l’enfant ne parviennent pas à assimiler leur propre honte et la projettent sur lui : « Tu me fais vraiment honte. » Par identification projective, l’enfant intériorise cette honte intense.

  1. Intériorisation de l’oppression exercée par les structures sociales de pouvoir.

Groupes marginalisés et honte structurelle : par exemple, la honte des vidangeurs ou des minorités sexuelles.

(5) Orientations de l’intervention clinique

Reconstruire une relation thérapeutique sûre

Grâce à l’acceptation inconditionnelle du thérapeute, permettre à l’individu de faire l’expérience suivante : « Je peux être accepté même si je suis imparfait », et corriger progressivement les modèles précoces de relations d’objet.

Extérioriser et déconstruire les récits de honte

Aider le patient à reconnaître que « ce n’est pas ta voix, mais celle d’un critique intériorisé », et à distinguer les « faits » des « perceptions déformées par la honte ».

Faire le deuil des besoins insatisfaits

Affronter la tristesse et la colère liées aux traumatismes précoces (par exemple : « J’aurais dû être mieux traité »), transformer la honte en un deuil légitime.

V. Synthèse

L’attaque contre soi, la remise en question de soi et la honte ne sont pas une réflexion ou un jugement rationnels : elles sont le symptôme lui-même, une forme d’entraves karmiques.

À partir des racines des différentes formes profondes d’usure intérieure présentées ci-dessus, je me limite à résumer les directions possibles d’une amélioration :

(Je ne suis pas psychothérapeute : j’organise ces éléments dans une perspective de croissance personnelle, et non clinique. De plus, à partir de la philosophie taoïste, je remets en question des notions comme l’effort, le changement ou la pratique spirituelle. [Texte précédent : « La pratique spirituelle est un pseudo-concept ».])

(1) Le renforcement du soi

  1. Stabilité de la confiance en soi et de l’estime de soi ; affirmation de soi, sentiment de conviction et autres formes de confirmation de son existence ;
  2. Croissance et sublimation de la personnalité ; Maslow, *Motivation et personnalité* ;
  3. Plénitude innée, expérience de la sérénité du ça. Textes précédents : « La sérénité du ça », « Je recommande de tenir un journal pour consigner les moments où l’on se sent plein d’énergie » ;
  4. Capacité à accepter la réalité de la situation et son moi authentique.

(2) La guérison de la crise existentielle

  1. Sécurité

Expériences de sécurité, renforcement du sentiment de sécurité ; atténuation de l’anxiété fondamentale ;

Texte précédent : « Là où mon cœur est en paix, je suis chez moi : l’inquiétude fait naître tous les démons, la paix du cœur toutes les voies ».

  1. Présence et aisance d’être

Texte précédent : « La présence et l’aisance d’être sont la réponse à la crise existentielle ».

  1. Sentiment de lien profond, expérience de l’unité de l’être humain et du Ciel

Pleine conscience, état de flux, expériences du vrai, du bien et du beau.

Textes précédents : « Zhuangzi et la nature guérissent la crise existentielle », « La “littérature des commentaires de Pinduoduo” et la “guérison au marché” » ; Wu Zhihong, *Les relations profondes*.

  1. Bonté inconditionnelle, sentiment inconditionnel d’exister

(3) La guérison par des relations saines

  1. Relations nourrissantes ; relations « aidantes », selon le terme de Rogers ; texte précédent : « Le choix de ses relations sociales » ;
  2. Rôle des objets sains : expérience du miroir, travail sur les relations transférentielles, intériorisation d’objets idéaux sains.

(4) L’assimilation des entraves karmiques

Textes précédents :

« La naissance d’un nouvel ego : l’ego du pratiquant spirituel »

« Dossier sur les entraves karmiques » (extraits ci-dessous)

a. L’origine des entraves karmiques : expériences, émotions et états négatifs, ego.

b. Les racines des entraves karmiques : émotions, souffrance ; ego, attachements obsessionnels, identifications ; défenses psychiques, traumatismes, maladies.

c. La formation des entraves karmiques : tiraillements, nœuds intérieurs, blocages ; habitudes acquises, caractère, schémas psychologiques, schémas de personnalité ; nœuds, épines ; hauts murs, abîmes, bourbiers. Démons intérieurs. Identification à l’ego.