Série sur le soi et la psychologie
La stabilité émotionnelle est un faux concept : une personnalité stable et des émotions naturelles
I. La stabilité émotionnelle est un faux concept
- Aujourd’hui, la stabilité émotionnelle est devenue une nouvelle forme de travail émotionnel et de manipulation psychologique. Sur le marché des rencontres et du mariage, « l’énergie positive, le tempérament ensoleillé » ont évolué en « stabilité émotionnelle ».
- Si quelqu’un exige de vous une stabilité émotionnelle, bloquez cette personne. Exiger de soi-même une stabilité émotionnelle, c’est se livrer à une répression dangereuse et à une manipulation psychologique de soi : l’un des problèmes les plus fondamentaux auxquels la psychanalyse s’oppose. Bien souvent, lorsqu’on traverse une situation difficile, il suffit de se concentrer sur la manière d’y faire face, sans s’infliger en plus l’obligation d’être émotionnellement stable.
- Même chez un psychothérapeute, on n’exige pas une stabilité à toute épreuve, une toute-puissance exempte d’émotions. Il s’agit plutôt d’éprouver des émotions qui ne débordent pas, dont on a conscience — en étant attentif aux différents transferts, projections, identifications projectives et autres processus psychiques complexes —, et qui soient naturelles et appropriées. (Beaucoup d’excellentes œuvres de fiction à dimension psychologique montrent cela : dans *Will Hunting*, la scène où le psychothérapeute joué par Robin Williams s’emporte contre le personnage de Matt Damon ; dans *En analyse*, les avances sexuelles d’une patiente à son psychothérapeute. Dans ces deux cas, les patients cherchent à déstabiliser le thérapeute par la violence, la colère, le désir sexuel, etc., dans une démarche de projection, de contrôle et de négation. Le psychothérapeute doit en avoir conscience et y répondre de manière saine et professionnelle, sans se laisser enfermer dans la gêne ou la remise en cause de soi. L’intervention d’un tiers assurant une supervision est parfois nécessaire, comme le montre l’intrigue d’*En analyse*.)
- Les émotions sont des réactions humaines naturelles, et bien des colères sont parfaitement saines. C’est la répression des émotions qui pose problème. Par exemple, lorsque des enfants apprennent, vers douze ou treize ans, voire dès cinq ou six ans, à réprimer leurs émotions sous l’effet de la peur, de l’engourdissement affectif et de l’impuissance apprise, c’est là que se trouve la source de toute une série de problèmes ultérieurs.
- Voir, comprendre, soutenir. La psychothérapie met précisément l’accent sur l’écoute et sur le fait de voir la personne. C’est l’approche centrée sur la personne de Rogers. Comme quelqu’un qui se noie dans une eau peu profonde et qui, dans sa panique, saisit une main tendue. Une écoute de qualité constitue déjà une aide immense. Regardez les films de guerre : lorsqu’une jeune recrue se fait dessus de peur, le commissaire politique ne se moque pas d’elle et ne la rabaisse pas ; il lui dit : « Moi aussi, j’étais comme ça quand je suis allé au front pour la première fois. »
- L’approche japonaise de la thérapie de Morita est assez concrète : face aux émotions, même lorsqu’elles débordent, les laisser suivre leur cours naturel, tout en continuant à vivre activement, à agir et à faire ce qu’il y a à faire. Autrement dit, coexister avec la perte de contrôle émotionnel.
II. La stabilité de la personnalité
Lorsqu’une personne possède un noyau de personnalité mature et sain, ses joies, ses colères, ses peines et ses plaisirs s’expriment naturellement, sans qu’elle soit dominée par ses émotions. Beaucoup de gens ont une personnalité peu solide : ils se laissent facilement submerger par leurs émotions et s’effondrent facilement. D’autres présentent une personnalité pathologique, peuvent facilement sombrer dans des obsessions destructrices et faire du mal aux autres comme à eux-mêmes.
J’avais déjà fait une vidéo à ce sujet, en prenant le cas de Liu Bang : sa personnalité était forte, il était donc naturellement peu enclin à s’effondrer ; il ne s’enorgueillissait pas de ses victoires et ne se décourageait pas dans la défaite ; il restait indomptable malgré les revers. Il avait confiance en lui, sans arrogance ni sentiment d’infériorité ; dans ses plaisanteries comme dans ses colères et ses réprimandes, il exprimait sa vraie nature. Sa personnalité était saine : il ne tuait pas arbitrairement, se montrait bienveillant et aimait les autres.
Avoir la peau dure à la manière de Liu Bang est un signe de maturité de la personnalité.
Grandir, pour un être humain, c’est suivre les voies de travail sur soi indiquées par la psychologie humaniste, le bouddhisme chan, le taoïsme et le marxisme-léninisme, afin que la personnalité devienne, pas à pas, plus mature, plus saine et plus stable. La force intérieure apporte alors une vitalité solide et foisonnante.