Choisir ses relations sociales, 2 : l’amitié au présent
Le tri dans les relations sociales 2 : l’amitié au présent, ne pas « chercher l’approbation », s’éloigner des « personnes qui attendent que vous fassiez vos preuves et que vous évoluiez »
I. S’éloigner des « personnes qui attendent que vous fassiez vos preuves et que vous évoluiez »
Éloignez-vous des « personnes qui attendent que vous fassiez vos preuves et que vous évoluiez ». Cette idée figure aussi dans « Vivre le présent », sous la formule « l’amitié au présent » :
Une personne qui ne peut pas vous accepter tel que vous êtes au présent n’est pas une amie. Autrefois, j’avais des amis que je considérais comme « au-dessus de moi ». Ils souhaitaient « ardemment » que je progresse et me prodiguaient souvent des « vérités bonnes à dire, mais dures à entendre ». J’en étais souvent touché : ils ne me dédaignaient pas, s’accommodaient de moi et me conseillaient. J’avais toujours l’impression qu’il ne me manquait qu’un tout petit peu, que quelques années encore, pour les satisfaire et enfin accéder à un monde pleinement harmonieux. Après 30 ans, j’ai constaté que ces personnes ne m’avaient pas aidé à grandir et que leurs paroles désagréables n’étaient pas non plus de bons conseils. Quant à mon « affection » et à mon « approbation » à leur égard, elles tenaient surtout à leur aura, plutôt qu’à quelque chose de réel. Ceux qui ne vous reconnaissent pas ne vous reconnaîtront jamais. Leur dévalorisation de vous est d’ailleurs souvent la projection extérieure de leur propre dévalorisation, ou simplement l’avidité, l’aversion et l’ignorance de personnes narcissiques. Beaucoup de gens n’ont tout simplement pas la capacité d’aimer, de soutenir et de nourrir autrui. Si quelqu’un ne peut pas vous apprécier tel que vous êtes au présent, c’est le signe très clair d’une relation malsaine : ne vous liez pas d’amitié avec cette personne. C’est encore plus vrai en amour.
Ne cherchez jamais à faire vos preuves : cette démarche est toxique, vaine et vous fait du tort.
II. La raison : passer de la logique de « compétition, d’entretiens, de sélection et de surenchère concurrentielle » des 15-25 ans à celle d’une marque personnelle fondée sur « être soi-même et coopérer pour favoriser la réussite de chacun »
- La sélection et la surenchère concurrentielle
Entre 15 et 25 ans : rivalité masculine et féminine dans les relations amoureuses, pression du jugement collectif dans les groupes et les relations sociales, entretiens d’admission en master ou de recrutement sur concours dans le secteur public, entretiens d’embauche, et relations avec des personnes plus haut placées au travail, où l’on est « interrogé et évalué ».
La multiplication de ces situations attise l’insécurité, le sentiment d’infériorité et la suffisance ; elle pousse à « faire des efforts », à « faire ses preuves », à « se traiter comme un objet, un outil, et à se conformer aux règles ». Dans une société de surenchère concurrentielle, l’omniprésence du NPD et de la manipulation psychologique dite PUA aggrave encore tout cela.
En général, après 30 ans, une transition s’opère peu à peu : le noyau intérieur mûrit, on cherche moins à l’extérieur, on développe davantage la reconnaissance de soi et on recherche moins celle des autres. On se détend un peu. - Être soi-même, attendre sereinement le respect et la reconnaissance
Pour survivre tant bien que mal dans la société moderne, il faut être soi-même, développer sa marque personnelle et accumuler du capital. Se défaire des logiques de sélection, de concurrence malsaine, de rivalité masculine et de surenchère concurrentielle, pour adopter une logique d’accomplissement de soi, de coopération et de réussite mutuelle.
Voilà pourquoi il ne faut pas « chercher l’approbation », mais attendre sereinement le respect et la reconnaissance. Chercher l’approbation revient encore, au fond, à se placer en position d’infériorité, à se soumettre à l’évaluation, à se traiter comme un objet, à se rabaisser et à se réduire à un outil. C’est non seulement chercher à l’extérieur, mais aussi se plier aux attentes extérieures. C’est la quête de l’employé de massage nº 8, qui cherche à plaire au patron et à obtenir des pourboires. Qu’il s’agisse d’amis, de clients, de collaborateurs ou d’associés, il faut attendre sereinement « le respect et la reconnaissance ». Les personnes qui ne vous « respectent et reconnaissent » pas ne vous « approuveront » jamais non plus. Et souvent, elles se servent simplement de cette « approbation » pour vous manipuler, pour vous tenir en haleine ; ou bien, sans que ce soit « intentionnel », il s’agit déjà, dans les faits, de manipulation psychologique et d’exploitation. - Il ne s’agit pas de « devenir une meilleure version de soi-même », mais de mieux être soi-même
J’ai abordé ce point dans « Plénitude innée » :
L’être humain ne se construit pas par l’addition et l’évolution ; il ne s’agit pas de devenir plus fort ou meilleur.
Cesser les transformations du petit moi, aussi illusoires que des rêves et des bulles, pour revenir à la plénitude et à la sérénité éternelles du moi véritable.
« Devenir une meilleure version de soi-même » est un concept toxique ; il s’agit de mieux être soi-même. Pratiquer la Voie, c’est diminuer chaque jour, revenir à l’état du nourrisson, revenir au moi véritable. Et non procéder par de prétendues additions et évolutions.
C’est comme lorsque les nuages sombres se dissipent et que l’on retrouve le ciel, vide de toute chose. Les nuages sombres n’ont pas « évolué » pour devenir le ciel. Le ciel est ce que l’on est depuis l’origine, et non une meilleure version de soi-même.
L’amitié au présent me permet de vivre le présent
Ceux dont l’amitié n’est pas au présent, qui m’entravent, m’empêchent de bien vivre le présent, m’empêtrent dans les entraves karmiques et me font rompre le lien avec moi-même.
Ceux dont l’amitié est au présent, qui me font prospérer, me permettent de demeurer paisiblement dans le présent, de laisser toute chose être telle qu’elle est, de vivre le présent, dans la plénitude du présent.